1. De la résistance individuelle à la convergence des forces vives
C’est dans son établissement de la Darse que Samuel Damo a pris la parole ce 18 septembre 2026, entouré d'une assistance fournie et des représentants majeurs des tissus associatifs, patronaux et syndicaux de l’archipel. Après ses révélations sur les pressions subies, les chantiers paralysants non indemnisés et les négociations rompues par le directoire portuaire, le restaurateur pointois a franchi un cap décisif : porter le débat au grand jour avec le soutien explicite de ceux qui font tourner l’économie réelle.
À la tribune, les organisations ont acté un front commun inédit :
- Le SNEG (Sauvons nos entreprises guadeloupéennes), représenté par son président Dominique Virassamy, qui a rappelé la réalité glaçante des chiffres économiques : une explosion des faillites et des liquidations judiciaires qui étranglent les TPE et PME locales, confrontées à l'inflation des assurances et aux défaillances d'infrastructures élémentaires telles que les coupures d'eau.
- La FRBTP (Fédération Régionale du BTP Guadeloupe), portée par son président José Guadarkhan, venue signifier la solidarité du secteur de la construction avec les entreprises locales menacées de disparition.
- Le Comité de pêche et l'intersyndicale des marins-pêcheurs, usagers historiques des zones littorales et portuaires, partageant le même sentiment d'exclusion face aux orientations domaniales.
- Le LCDM, représenté par Hubert Quiaba, aux côtés de militantes et de citoyens mobilisés contre l'éviction brutale des exploitants guadeloupéens.
2. Le cri d'alarme : « L’entrepreneur guadeloupéen a-t-il encore sa place chez lui ? »
Prenant la parole, Samuel Damo n'a pas mâché ses mots pour décrire le calvaire vécu depuis 2011. Alors qu'il a repris un local brut sans commodités pour en faire une vitrine gastronomique et un repère socio-économique incontournable en plein cœur d’un Pointe-à-Pitre dévitalisé, le restaurateur estime faire face à des mécanismes délibérés de mise à l’écart.
Le gérant a établi un parallèle saisissant avec d’autres traumatismes économiques récents, notamment la destruction du restaurant Cabana Beach ou la disparition passée de La Canne à Sucre : des cas où, au lieu d’accompagner des entrepreneurs investissant sur leur territoire, la réponse a consisté à briser l'outil de travail.
« Nous sommes chez nous. Je ne vais pas aller investir en France hexagonale, je veux me battre pour investir chez moi ! », a martelé Samuel Damo, refusant l'idée que les générations futures de chefs d'entreprise soient contraintes de capituler face aux oukases administratifs. Il a également appelé à dépasser les clivages internes, en insistant sur l'indispensable alliance entre employeurs et salariés : c'est ensemble, autour de la même table, que se construit et se défend la richesse locale.
3. Les limites du politique face à la toute-puissance technocratique
Cette conférence de presse a aussi mis en lumière une anomalie démocratique et institutionnelle. Alors que des élus locaux de premier plan — à l'instar du président du Conseil Départemental Guy Losbar, du sénateur Dominique Théophile, ou encore de Victorin Lurel et d’Olivier Serva — ont rédigé des courriers explicites en faveur d'un règlement équitable du dossier, la gouvernance portuaire demeure inflexible.
Dotée d’un directoire historiquement piloté par des décrets ministériels parisiens, l’autorité portuaire semble ignorer les alertes du territoire. Samuel Damo et ses soutiens s'interrogent : comment une institution publique maritime peut-elle décider unilatéralement du sort économique d'un secteur sans rendre de comptes aux réalités de l'archipel ?
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